Florence. Crémone. Mantoue. Autant de foyers d’une révolution musicale survenue en l’espace d’une décennie autour de l’an 1600 en réponse à des préoccupations philosophiques et esthétiques tout droit héritées de la Renaissance. Car c’est bien une quête de la vérité théâtrale des « Anciens » que poursuivaient poètes, musiciens et grands mécènes lorsqu’ils eurent cette idée insensée de tourner le dos à quatre siècles de tradition polyphonique : l’expression des passions humaines (affetti) sera désormais confiée à des chanteurs redevenus solistes, accompagnés par un continuum d’instruments à cordes, le continuo. La basse continue était née sans que personne puisse se douter que ces inventions formaient ni plus ni moins le big bang de la musique « moderne ». Peri, Caccini, et bien sûr Monteverdi et Cavalli, furent les artisans les plus actifs de cette révolution appelée « baroque » seulement au milieu du XXe siècle.